Some of what we think of architecture. Not yet a philosophy, but fragments of a thought, written in french.

 

Sur la forme et la fonction:

La forme fait partie de la fonction.

« Je suis corps et âme » – ainsi parle l’enfant. Et pourquoi ne parlerait-on pas comme les enfants ?
Mais celui qui est éveillé et conscient dit : Je suis corps tout entier et rien autre chose ; l’âme n’est qu’un mot pour une parcelle du corps.
Friedrich Nietzsche « AINSI PARLAIT ZARATHOUSTRA »

La forme n’est qu’une parcelle de la fonction et les différencier ou les opposer est insensé. Car un couloir qui distribue des espaces n’est pas ce qu’on appelle Fonctionnalité. La fonctionnalité porte en elle l’expérience. Il faut d’abord définir la fonctionnalité et sortir des définitions communes pleines de contradictions. A la fonctionnalité je propose la pratique.

On dit qu’il faut concevoir des objets esthétiques Mais aussi Fonctionnels !
Mais y a-t-il d’objet inutile ? Existe-t-il de tels objets, créations ou créatures ?
Dans la nature cela est absurde.
J’en doute. Car rien n’existe sans utilité, du moins c’est ce que chaque chose croit. Il y a bien sûr des créations humaines plus pratiques à utiliser que d’autres mais nous n’utilisons pas forcément celles-là.

Pour être viable le rapport spatial entre différentes activités ne peut être jugé uniquement sur la rapidité de déplacement entre deux points ou sur son efficacité pure.

La forme a également une fonction, une incidence, des sensations, un impact.
La fonction : réponses multiples à des besoins d’ordres différents incluant nécessairement la forme.

 

Sur l'aménagement urbain:

Toute architecture est limitée.

Des vides dans nos villes.

Pour espérer durer une ville doit évoluer. Pour évoluer il faut du temps et de l’espace. Et évoluer ne veut pas dire s’étendre.
La projection dans le temps et dans l’espace qu’est l’étude urbanistique ou architecturale doit s'arrêter et ne pas prévoir qu’elle serait l’évolution possible d’une ville. Elle doit rester humble et se limiter pour espérer durer. C’est aux futurs usagers de décider de leurs futurs besoins.

En analysant les plans d’aménagement urbain de la ville de Tunis ou d’autres nous sommes très vite déçus. Déçus de voir qu’on a à faire à un phénomène décrit il y a 75 ans par Le Corbusier : l’illusion des plans.
Ceux qui y réfléchissent, qui décident et ceux qui les dessinent font précisément des dessins au sens non noble du terme.

 

Sur les bidons villes:

Il faut combattre les grandes maisons qui délient le lien social en commençant par le lien familial. Si dans les bidonvilles l’espace urbain est investi par les habitants c’est que les familles sont nombreuses et les maisons petites, et non parce que les habitants ont décidé de s’inscrire dans une démarche écologique. Aujourd’hui, nous construisons des logements trop grands pour de petites familles.

Ce qui, dans plusieurs études sur les bidonvilles souligne le caractère écologique de ces quartiers, et le fait qu’ils ont réussi à faire investir les rues et à créer une cohésion sociale, reflète le plus souvent l’inadéquation entre le nombre et la surface.

Les maisons ne présentent aucun superflu : Un seul salon, une petite cuisine, une seule salle d’eau, et deux chambres, une parentale et une pour les enfants (parfois les deux à la fois). Inutile de rappeler qu’il n y a qu’une seule télé et qu’on doit souvent la regarder avec les autres membres de la famille. Inutile également de préciser que les chambres sont partagées par plusieurs frères et sœurs.

Si les gens sont dans la rue c’est qu’ils y sont contraints. Eux aimeraient peut être vivre dans de plus grandes maisons. Et ne se doutent pas qu’ils sont avant-gardistes.

Les unités d’habitations atomisées sont directement alignées sur les voies de circulation, les trottoirs sont rares. Entre la rue et le chambre il n’y a que quelque pas à faire ; cela renforce la relation entre les deux et leur interpénétration. La porte de la maison est encore la cuisine ; il y a deux mètres entre les deux. On est encore chez soi dehors.

Si construire de petites maisons n’est pas l’unique garant d’un modèle de ville durable, à échelle humaine, en construire des grandes est sans doute la bonne voie pour échouer.

Ce qu’il faut relever et avoir à l’esprit, c’est que les habitudes ne changent que sous la contrainte. Si on laissait aux promoteurs en tous genres et aux citoyens seuls la tache de décider, poussés par le profit et la médiocrité, aucune contrainte ne pourra émerger, aucune grande idée douloureuse.

Alors il ne s’agit pas de l’apologie des bidons villes, voir l’inconfort et s’en réjouir est certainement vile. Et ce n’est pas non plus une condamnation aveugle. Mais simplement de reconnaitre que l’invivable est vivable.

 

Sur Dromadaire:

Dromadaire est la négation du design. La preuve qu’il est complètement inutile mais qu’il doit quand même exister. Un nom faussement révélateur.

 

Sur le reste:

L’angle droit est une exception géométrique. Un cas particulier. Une configuration parmi 180.

Le dessin, le vrai, ne trompe pas. Vous voulez comprendre une chose, dessinez-la.

La trame unit et libère.

L’importance qu’ont prise les outils de conception de l’architecture et leur influence. C’est un phénomène inconscient et répandu un peu partout. Les moyens de faire sont devenus plus important que le faire. Les plans, pour revenir à l’architecture, ne sont plus les moyens de représenter une tridimensionnalité mais une fin en soi. Ils ne sont plus l’intermédiaire entre le concepteur et sa conception.

Concepteur ……………….> Plans ……………….> Œuvre Architecturale

Concepteur ……………….> Plans

"Ce qui est une évidence pour tout le monde, nous devons le rappeler à chacun."